Ortie

L’Ortie

De toutes les plantes de nos jardins, des bordures de nos chemins, l’ortie est certainement la plus connue. Mais saviez-vous que les feuilles de l’ortie sont riches en protéines, vitamines, minéraux, oligo-éléments qui en font un super aliment et bien plus encore ?

Alors mettez vos gants, et partons à la découverte de cette merveille que nous offre la nature !

  • Pour commencer un peu d’observation

Nous n’aborderons ici que les orties présentes en Europe occidentale.

Deux genres sont représentés : le genre Urtica à poils urticants, et le genre Parietaria à poils non urticants.

Le mot « urtica » fut l’ancien nom de la plante dans l’Antiquité. Ce nom vient du latin « urere » qui signifie brûler (elle portait bien son nom !).

Les orties aiment les sols riches en azote. Les différentes espèces ont toutes un aspect identique : elles sont élancées, à feuilles opposées par deux, des fleurs petites en grappes ou en boulette de couleur verdâtre, à 4 sépales et sans pétales (apétales). Les fleurs sont soit staminées (fleurs mâles) soit pistillées (fleurs femelles). Les fleurs femelles donnent un fruit sec : l’akène.

Selon les espèces, les plantes sont soit dioïques c’est-à-dire que les fleurs mâles et femelles sont situées sur des pieds différents (Urtica dioica), soit monoïques et dans ce cas la plante possède sur le même pied les organes mâles et femelles (Urtica urens). Toute la plante est couverte de poils, qui au contact seront urticants (nous verrons cela plus loin).

 

Espèces Urtica

Dans les espèces du genre Urtica, nous allons retrouver les espèces d’Orties vraies (et oui il y en des fausses). Les Orties vraies appartiennent à la famille des Urticacées.

La plus connue est la Grande Ortie (Urtica dioica L). Elle s’appelle aussi Ortie dioïque, Ortie femelle, Ortie de grain. C’est la plus grande des orties (elle peut dépasser 2m de haut), elle est vivace, a des tiges annuelles et se propage rapidement grâce à ses rhizomes traçants. Les feuilles sont plus longues que larges.

Il y a également la Petite Ortie (Urtica urens L.). Elle s’appelle aussi Ortie brulante, grièche, grecque, sauvage, barbare (si si !!). C’est également une ortie commune mais qui prospère plutôt sur des sols cultivés. Plus petite, elle ne dépasse pas les 70cm de haut. Elle est monoïque et est une plante annuelle. Ses feuilles sont ovales et dentées à peine plus longues que larges.

Ou encore l’Ortie à membrane (Urtica membranacea Poiret) dite aussi Ortie douteuse. Elle est annuelle et essentiellement méditerranéenne. Les inflorescences femelles sont sous les mâles, ce qui permet une fécondation plus simple par gravite.

Et enfin, l’Ortie à pilules, (Urtica pilulifera L.) dite aussi Ortie romaine, Ortie à balles. C’est une plante annuelle ou bisannuelle qui était autrefois cultivée dans certaines régions d’Europe centrale mais aussi en Italie et dans les pays méditerranéens. Ses qualités médicinales étaient largement connues et exploitées.

 

Espèces Parietaria

Doit son nom au milieu de vie préféré des ses représentantes, les murailles (paries en latin).

Il y a la Pariétaire de Judée (Parietaria judaica L.), nous la retrouvons surtout sur des terrains non calcaires mais également dans les villes. Elle a de très grandes feuilles profondément découpées et couvertes de nombreux poils. Les fleurs sont dioïques.

La Pariétaire officinale (Parietaria officinalis L.) appelée également Pariétaire dressée, Espargoule, Vitriol, Perce-muraille. C’est une plante de bords de chemins, de décombres et de vieux murs. Ses feuilles sont également ovales mais arrondies à la base et avec une terminaison moins fine.

Et la Pariétaire annuelle (Parietaria lustianica L.) qui est annuelle, petite et méditerranéenne. Ses feuilles sont courtes (moins de 10mm) et presque rondes.

Il existe d’autres genres d’Urticacées exotiques. Pour les découvrir, je vous conseille le livre de Bertrand BERNARD « Les secrets de l’Ortie ». C’est une mine !

 

  • Qui s’y frotte s’y pique !

Attention à la piqûre si vous ne savez pas prendre l’ortie dans le sens du poil !

Au contact de la peau, l’ortie libère un cocktail chimique riche en histamine, formiate de sodium, sérotonine et acétylcholine. Et oui rien que ça.

Le produit est contenu sous pression dans un renflement à la base du poil. Le poil est transparent et effilé, imprégné de silice. Il casse comme du verre. Au moindre frottement, la pointe se plante dans la peau, libérant le liquide urticant. La sensation de brûlure qui en résulte est le fait d’une réaction d’irritation.

Dans son livre, Bertrand BERNARD nous donne des « trucs populaires » pour lutter contre cet effet des piqûres : malaxer à la main de la feuille de Plantain, de Menthe, de Mauve ou encore de Grande Oseille et appliquer cela sur l’irritation. Le suc des plantes qui s’en dégage la soulagera. J’ajouterais de ma propre expérience, quelques gouttes de vinaigre de cidre appliquées vous soulageront également !

 

  • Et ses bienfaits alors ?

Par quoi commencer, il y a tellement à dire sur cette plante merveilleuse !

Quelles parties utiliser ?

Principalement la feuille qui est une mine de protéines, vitamines, minéraux, oligo-éléments et chlorophylle. La teneur en protéines des feuilles couvre nos besoins en acides aminés essentiels. Les oligo- éléments et vitamines renforcent le système immunitaire. La présence simultanée dans l’ortie des vitamines B1, C, E, fer, zinc, sélénium et manganèse contribue à ses qualités antioxydantes.  A noter que la teneur en fer de la plante diminue au fur et à mesure que l’on remonte des racines vers la fleur. A noter également que les orties du printemps et de l’automne ont une teneur en fer supérieure à celle de l’été.

Mais également ses graines qui sont riches en acide gras essentiels. A ajouter à vos salades sans hésitation !

La récolte des parties aériennes peut se faire toute l’année s’il n’y a pas de gel, idéalement avant la floraison. Penser aux gants !

Pour la cuisine, ne récupérer que les têtes. Les tiges et les feuilles plus âgées risquent d’être fibreuses et donc moins sympa à consommer.

Concernant les racines, préférer leur récolte à partir de l’automne.

Ses bienfaits.

  • L’ortie un super-aliment, anti-anémique et alliée de la femme !

Vous l’aurez compris, la richesse de la composition des feuilles de l’ortie en fait un super-aliment. Elles peuvent donc être un apport nutritionnel essentiel lors de convalescence, une période de fatigue ou encore en cas de dénutrition. Penser à l’utiliser sous forme de poudre à ajouter à du riz, un plat de légume, une salade, …

La présence de fer et de vitamine C (surtout dans l’ortie fraîche) qui permet une meilleure assimilation du fer, en font une alliée pour lutter contre l’anémie.

De même, c’est une alliée précieuse pour la femme pour toutes les périodes de sa vie, depuis l’apparition des règles jusqu’à la ménopause. Sa richesse en fer permet de combler les éventuelles carences dues aux règles abondantes, et son effet diurétique soulage la rétention d’eau avant les règles ou pendant la ménopause.

  • Améliore le processus digestif

Elle permet une meilleure absorption des nutriments car elle apporte un soutien dans la reconstruction des muqueuses digestives. De plus, la présence de chlorophylle permet l’équilibre de la flore intestinale et favorise un meilleur fonctionnement du foie en le protégeant des agressions diverses.

  • Dépurative et nettoyante

L’ortie est très diurétique. Buvez plusieurs tasses d’une infusion bien dosée et observer la réaction. Elle permet d’accélérer l’élimination de certaines toxines au niveau des reins. Un sang moins chargé de déchets permet une meilleure vitalité.

Pour accentuer ce nettoyage, faites un combo avec de la racine de pissenlit, ce qui aura pour effet d’agir plus spécifiquement sur le foie, ou avec une branche de romarin qui stimulera l’axe hépato-rénal dans son ensemble.

  • Minéralisante

L’ortie « nourrit » les articulations abîmées. Elle permet à la fibre osseuse et cartilagineuse de se régénérer. Elle est l’allié de nos os et cartilages. Sa richesse en silice permet une meilleure formation du collagène.

N’oublions pas son effet bénéfique également pour nos ongles !

De part son action diurétique forte, elle aide les reins à éliminer l’acide urique qui est une substance inflammatoire pour les articulations.

  • Anti-histaminique

Si vous êtes de nature allergique (sinusite, rhinite, asthme), pensez à la consommation quotidienne d’infusion d’ortie et de plantain (1 litre) les quelques semaines avant les épisodes allergiques liées aux pollens. A continuer durant toute la période de ces fameux pollens.

  • Et sur la prostate

Cette fois-ci c’est la racine de l’ortie qui sera à l’honneur. Il y a une action directe de la racine d’ortie, elle freine l’augmentation du volume de la prostate.  

 

  • Quelques contre-indications / précautions

    • Ne pas la prendre sur des périodes longues, chez certains assèchements des muqueuses
    • Si hypotensions chronique, son effet diurétique peut-être problématique si prise sur de longues périodes
    • Ne pas en prendre en cas d’insuffisance rénale
    • Ne pas en prendre si vous souffrez d’excès de fer
    • Ne pas en prendre si vous prenez des anticoagulants de type anti-vitamine K
    • Ne pas en prendre en cas de traitement à base de lithium
    • Peut causer des allergies chez des personnes sensibles et ceci malgré ses propriétés anti-allergiques

 

  • Comment la prendre ?

Ortie Dioïque

  • Sous forme d’infusion

Infusion spéciale anti-histaminique :

    • Pour 1 litre d’eau : 20 à 30 g de plante sèche à infuser 30 minutes
    • Plante fraîche, plutôt 100 g

Infusion spéciale anémie :

    • Pour 750ml d’infusion : 3 cuillères à soupe de feuilles d’ortie séchées et 2 cuillères à café de cynorhodon très riche en vitamine C dans 750ml d’eau à 85°C. Laisser infuser 10 minutes

Pour ces 2 propositions, faites votre cure pendant 21 jours et faire une pause de 7 jours avant de reprendre à nouveau le cycle.

Infusion spéciale articulations :

    • Pour 750ml d’infusion : 1 cuillère à soupe de feuilles séchées de cassis, 1 cuillère à café de feuilles séchées d’ortie, de même de reine-des-prés et de rhizome séchés de gingembre

Mélangez les plantes et faites chauffer ¾ de litre d’eau à 75°C. Plonger les plantes et laisser infuser à couvert 10 minutes (feu éteint). Filtrer et déguster !

 

Retrouver cette recette et une multitude d’autres, dans le livre d’Amaya CALVO VALDERRAMA « HAPPY PLANTES – Pour une santé au naturel » aux éditions LEDUC.

  • Sous forme d’Hydrolat : notamment dans la préparation de soins pour les cheveux

  • Sous forme de suc frais ou jus

  • Sous forme de poudre à saupoudrer sur vos plats

  • Sous forme de teinture de la plante entre 30 à 90 gouttes par jour dans un peu d’eau (articulation, peau, ongles)

  • Sous forme de gélules de racines en poudre

  • Tout simplement saupoudrer sur vos plats lorsqu’elle est en poudre ou pour ses graines

 

Bref, vous l’aurez compris, l’ortie est LA PLANTE à avoir auprès de soi !

Retrouvez notre macérât d’Ortie piquante sur notre site http://www.yvonelise.fr